Valise-robot Cowarobot : c’était pourtant une bonne idée…

9 septembre 2019 0 Par Jerome
Valise-robot Cowarobot : c’était pourtant une bonne idée…

J’ai acheté une valise qui roule toute seule et suit son maître comme un petit chien. Mon avis après plusieurs mois d’utilisation ? Bof…

En 2016, j’ai découvert au CES de Shanghaï un truc incroyable : une valise robot qui suit son propriétaire à la trace. J’ai craqué et je l’ai immédiatement commandée sur Indiegogo. Après un délai interminable de deux ans, j’ai enfin reçu ma valise, en août 2018, et j’ai pu tester dans la vraie vie ce bijou de technologie.

Comment ça marche ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la valise n’a pas besoin de balise pour vous suivre car elle fonctionne un peu comme une voiture autonome. Elle est équipée de mini-caméras et d’un lidar (radar laser) qui lui permettent de visualiser l’environnement en 3D. Elle détecte et se verrouille sur la silhouette de son propriétaire. On active ou on désactive le mode robot en pressant un bouton situé à la base de la poignée.

La valise est livrée avec un petit bracelet électronique qui est censé améliorer la précision et vibrer si on perd le contact avec la valise. Problème… dans mon cas, cela n’a jamais marché correctement. Au contraire, porter le bracelet perturbe le fonctionnement normal du système et fait perdre régulièrement le contact avec la valise. Pourtant, le bracelet possède une autre fonction très ingénieuse, qu’on aimerait voir sur des bagages même non-robotisées : il permet de déverrouiller électroniquement la valise lorsqu’on s’en approche, sans avoir à entrer manuellement la combinaison de la serrure.

Parfait pour amuser la galerie

La valise dispose d’une capacité de 32 litres, dont environ 6% occupé par le bloc moteur-batterie. C’est une belle prouesse technique qui permet de bénéficier d’un volume acceptable pour un déplacement de courte durée. Certes, elle est un peu plus lourde qu’une valise normale (5.5 Kg). L’autonomie de la batterie garantit une vingtaine de km, ce qui est largement suffisant sachant qu’on ne partira pas en randonnée avec. Elle roule très bien sur sol lisse, un peu moins bien sur des pavés évidemment. On peut utiliser la batterie interne pour recharger un smartphone, via les deux ports USB externes. Bref, malgré quelques problèmes de batterie et de serrure, imputables à la jeunesse de l’entreprise Cowarobot, c’est plutôt un bon produit.

Problème : avec un tel engin, impossible de passer inaperçu. Dans un hall d’aéroport, on devient immédiatement une attraction et aux contrôles de police il faut expliquer que ce n’est pas une valise piégée mais juste un bagage-robot, démonstration à l’appui.

Fausse bonne idée

Malgré ces qualités, il faut bien avouer que cette valise-robot est une fausse bonne idée. D’abord, parcequ’une valise, on souhaite l’avoir tout le temps devant les yeux et non pas derrière soi. D’autant qu’il lui arrive parfois de se déconnecter et même de se caler sur une autre personne. Résultat : on risque à tout instant de perdre sa valise. Idéalement, il faudrait qu’elle roule à côté de son propriétaire et non pas derrière lui Mais cela paraît malheureusement impossible en l’état actuel de la robotique. Lorsqu’on utilise cette valise, on passe son temps à tendre l’oreille pour s’assurer qu’elle nous suit. Ce n’est pas exactement relaxant.

A quoi ça sert ? A pas grand chose, en fait. La seule fois où j’ai réellement apprécié ma valise-robot, c’était dans un self-service, au salon IFA de Berlin, parce que j’avais les mains prises par un plateau repas. Le reste du temps, il faut bien avouer que l’on voyage rarement avec plusieurs bagages à main et donc il est plus simple de tenir son bagage à la main. Cela évite de stresser parce que l’on craint à tout instant qu’elle n’ait décidé de se faire la malle…

Points forts
> Concept innovant et produit bien conçu
> Design élégant
> Bonne autonomie

Points faibles
> Déconnexions fréquentes
> Obligation de surveiller la valise comme le lait sur le feu…

A noter : on trouve la valise Cowarobot entre 500 et 1200 dollars sur le Web. Il semble que la production d’origine ait été arrêtée, puis qu’une nouvelle campagne de financement ait été lancée sur Kickstarter. Le site officiel est ici, mais tout cela est un peu confus...