1 janvier 2021 2 Par Jérôme Colombain

Non, 2020 n’était pas si pourri !

Certes, on a morflé. Mais l’année qui se termine, malgré le drame de la pandémie, aura donné un coup de boost inattendu à la numérisation du monde. Et ça, c’est bien !

Télétravail en plein air

Nous étions des êtres analogiques, nous voici devenus de vrais homo numericus. En l’espace de quelques mois, nous avons basculé dans un monde encore plus digital. Télétravail, e-commerce, télémédecine, téléenseignement, paiement sans contact, divertissement numérique et même vélos électriques connectés ! La crise sanitaire nous a fait gagner plusieurs années dans l’adoption et l’usage des technologies numériques. Tout cela était déjà en train de se mettre en place mais, cette fois, nous y sommes. Les entreprises qui rechignaient ont pris conscience de la nécessité de se numériser dare-dare. Même les petits commerces touchent du doigt cette réalité. On n’y serait sans doute pas arrivés aussi vite autrement.

Bien sûr, il n’est pas question de renoncer à la vie réelle, aux soirées entre amis et aux indispensables sorties au restaurant ou au spectacle. Mais, parce que l’un n’empêche jamais l’autre, nous avons maintenant pris des habitudes qui nous semblent plus naturelles et sont partagées par un plus grand nombre de personnes.

Année de la visio, du télétravail et de l’e-commerce

Une petite fièvre ? Vous aurez désormais le réflexe de contacter un médecin en visio. Pas de raison majeure d’aller au bureau aujourd’hui ? Vous resterez travailler à la maison, afin de perdre moins de temps dans les transports et être sans doute bien plus productif. Ma boulangère, jadis réfractaire au paiement par CB accepte désormais que je paye ma baguette avec ma montre connectée et, personnellement, je crois bien que j’ai tiré un trait sur les grandes sorties au supermarché au profit de la livraison hebdomadaire et plus seulement occasionnelle.

2020, année de la visio !
2020, année du télétravail !
2020, année du e-shopping !

Du coup, on mesure la chance de vivre en France, où le haut débit est l’un des moins chers du monde et où la couverture en très haut débit progresse chaque jour. Bien sûr, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Il y a encore les gâtés des villes et les défavorisés des champs. Beaucoup trop de Français vivent toujours loin de la fibre ou de la 4G, sans compter ceux qui n’ont même pas de quoi s’offrir un ordinateur ou une tablette pour permettre à leurs enfants de suivre des cours en ligne. Mais même ce constat est apparu avec acuité du fait même de la période exceptionnelle que nous venons de vivre.

Le numérique pollue, oui, mais…

Concernant l’autre gros dossier, à savoir la question du climat, là aussi, on a progressé en 2020. Encore plus de gens ont pris conscience de l’enjeu et, surtout, on y a vu plus clair quant au rôle du numérique dans la transition énergétique. Oui, le numérique pollue. Mais moins que des millions d’heures en voiture dans des bouchons. Oui, le numérique a une empreinte environnementale mais il permet aussi de réduire les émissions de CO2 ailleurs (les “externalités positives”). Nonobstant les discours décroissansistes un tantinet partisans, le numérique apparaît donc bel et bien comme une partie de la solution au problème climatique. Il pèse mais en même temps il allège la facture CO2. Il permet l’innovation qui a toujours permis de réduire le poids environnemental de l’activité humaine.

Bref, cette année 2020 n’était pas top, c’est vrai. Mais, un peu comme les mauvais souvenirs restent plus présents en mémoire que les bons et aident à avancer, cette maudite twenty-twenty n’aura peut-être, finalement, pas été si négative que cela.