13 juin 2020 0 Par Jérôme Colombain

VanMoof S3 : j’ai testé la Tesla du vélo électrique

Design de rêve, hyper connectivité et prix presque raisonnable… Le VanMoof S3 est le vélo de geek à la mode.

Je ne suis pas un spécialiste du vélo, juste un cycliste urbain fraichement converti à la cause en raison de la saturation du trafic et de l’impérieuse nécessité de réduire la pollution et le bruit en ville. Comme beaucoup de technophiles, je suis de plus en plus intéressé par cette nouvelle génération de vélos à assistance électrique bourrés de technologie. VanMoof est un fabriquant hollandais (la Hollande, “le” pays du vélo depuis des siècles). Ce S3 se caractérise par un prix assez agressif (environ 2000 euros, hors subventions) pour un niveau d’équipement plutôt sympa.

Le look

Le VanMoof S3 (comme son petit frère le X3, de taille inférieure mais avec les mêmes caractéristiques) frappe par son design épuré, basé sur un élégant jeu de tubes monocolores (noir ou bleu pâle) qui lui donne une allure résolument moderne et tech. Eclairages et câbles sont discrètement intégrés dans le cadre, de même que la batterie qui est complètement invisible. Un vrai look geek-chic.

Un écran de contrôle à LED “Matrix” est visible sur l’axe horizontal, à travers la peinture. Il sert à indiquer la vitesse, le niveau de batterie et le vérrouillage/déverrouillage. Cette intégration est très élégante, même si l’emplacement oblige à baisser le regard un peu plus que de raison lorsqu’on pédale. En outre, l’écran est difficilement visible en plein soleil, mais, selon VanMoof, ce défaut devrait être corrigé sur les prochaines séries.

Le guidon est lui aussi réduit au strict minimum, avec seulement deux boutons : à gauche, la sonnette (électronique) et, à droite, la commande “boost” (nous y reviendrons). Le moteur est intégré dans la roue avant, ce qui évite d’avoir un gros élément disgracieux au niveau du pédalier.

La conduite

Le S3 frappe par sa légèreté (19 Kg). Cela le rend très maniable et, accessoirement, facile à monter dans un appartement. En même temps, il donne une impression de robustesse très rassurante.

Il dispose de 4 vitesses exclusivement automatiques (contre 2 sur le modèle précédent S2). Contrairement à un vélo à vitesses manuelles, qui oblige à changer de rapports à tout bout de champ pour adapter ses efforts au parcours, ici on ne soucie de rien, tout est automatique. Un vrai bonheur. Malgré quelques claquements occasionnels, le passage d’une vitesse à l’autre m’a semblé assez fluide.

La grosse particularité du VanMoof est le mode “boost” qui permet, en appuyant sur le petit bouton de droite au guidon, de donner un coup d’accélération au moteur. C’est réellement appréciable pour se sortir de certaines situations en ville, pour démarrer rapidement au feu ou, surtout, pour grimper les côtes. Ce bouton est une assurance anti-transpiration ! Evidemment, la consommation électrique s’en ressent si l’on en abuse.

La touche magique “boost” anti-transpiration…

Les freins à disques hydrauliques m’ont semblé puissants, bien plus efficaces que sur un vélo classique.

Bref, l’ensemble de ces caractéristiques – légèreté, puissance moteur et puissance de freinage – lui confèrent une bonne agilité et offre un vrai sentiment de sécurité.

Le confort

Monté sur des roues de 28 pouces, le S3 est bien adapté aux grands gabarits. Il se destine aux cyclistes mesurant entre 1,70 m et 2,10 m (les personnes plus petites doivent se tourner vers le X3). Question confort, j’avais un peu peur de me retrouver sur un vélo de course qui oblige à pédaler très penché vers l’avant, ce qui n’est pas vraiment mon truc, mais l’ergonomie du vélo, avec un guidon assez haut, autorise une posture décontractée. Le guidon est réglable en hauteur via un jeu d’entretoises fournies.

L’absence de suspension pourrait être un vrai problème, notamment sur les pavés parisiens. Mais, là encore, bonne surprise : les pneus assez épais absorbent étonnamment bien les chocs. Bien sûr, on préfèrerait une bonne paire d’amortisseurs mais c’est généralement réservé à des vélos plus onéreux.

Mauvais point pour la selle, en revanche, que je trouve particulièrement dure (cependant, je crois qu’il ne s’agit pas de la selle définitive sur le modèle testé et une selle peut toujours se changer). A noter : le S3 est livré en standard avec des garde-boues mais sans portes-bagages. De nombreux accessoires (porte-bagage avant, porte-bagage arrière, sacoches, sonnette, etc.) sont proposés sur le site de VanMoof.

La batterie

La batterie est évidemment un élément-clé sur un vélo à assistance électrique. L’autonomie annoncée du S3 est de 60 à 150 km, selon le type de conduite (si on use allègrement du mode “boost”, l’autonomie va s’en ressentir). Impossible de vérifier avec précision ce chiffre mais après 35 km il me reste encore 18% d’énergie, en ayant utilisé abondamment le mode boost. La batterie se recharge en 4h, environ.

La batterie est intégrée à l’intérieur du cadre et ne peut pas être retirée (sauf pour la maintenance). J’ai beaucoup lu, ici et là, que c’était un problème. C’est exact si l’on n’a pas de prise de courant à l’endroit où l’on range le vélo ou que le vélo couche dehors (quoique pour un vélo comme ça, ce serait une folie) car cela oblige à le faire entrer chez soi pour le recharger, ce qui n’est pas toujours évident en appartement en étage. Cependant, je vois un gros avantage à cette non-amovibilité : c’est une excellente sécurité contre le vol de batterie (sport assez prisé dans les grandes villes). Si votre vélo dort dans un parking sous-terrain, il y a généralement possibilité d’installer une prise électrique, comme pour les voitures électriques.

La sécurité anti-vol

L’équipement anti-vol intégré est le point fort de ces vélos électriques connectés. Le VanMoof S3 dispose d’un système original de blocage de la roue arrière, activable d’une simple pression du bout du pied sur un bouton poussoir situé à hauteur du moyeu. Certes, si cette sécurité est suffisante en Hollande, elle ne l’est pas en France, sauf pour des arrêts minute, et il paraît prudent d’utiliser en plus un bon gros antivol en U. Autre détail concernant la sécurité : le tube de selle est moulée dans le cadre, ce qui fait qu’elle ne peut pas être arrachée.

Pour le déverrouiller, rien de plus simple. Si l’on a son smartphone sur soi avec le Bluetooth activé, il suffit d’appuyer 1 fois sur le bouton gauche et de faire faire un léger tour à la roue arrière. Hop, le vélo nous reconnaît et se libère. Sinon, sans smartphone, on peut le déverrouiller en appuyant 4 secondes sur ce même bouton et en indiquant un code à trois chiffres à l’aide de pressions successives. C’est donc un système antivol particulièrement pratique pour débloquer le vélo sans clé. On peut aussi le déverrouiller via l’application mobile, mais je n’en vois pas vraiment l’intérêt.

Le VanMoof S3 dispose également d’une alarme intégrée, si si ! Si quelqu’un bouge le vélo alors que celui-ci est verrouillé, un son effrayant retentit (pas très fort, malgré tout), les éclairages avant et arrière se mettent à clignoter et une magnifique tête de mort apparaît sur l’écran à LED. On aurait bien aimé que le système envoie alors une alerte à distance au propriétaire sous forme de notification sur le smartphone. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

Le vélo est également équipé d’un système de géolocalisation par triangulation à l’aide d’une puce GSM (pas de GPS, trop gourmand en énergie). Celle-ci est emprisonnée dans le boiter de commande, dans le tube horizontal supérieur. En cas de perte ou de vol, on peut donc retrouver le vélo en le déclarant volé sur l’application. En fonctionnement normal, en revanche, le système ne dit pas où le vélo est garé. Pour le géolocaliser en permanence, il faudrait installer une balise, comme l’Invoxia Bike Tracker. MàJ : l’application peut également indiquer où le vélo a été localisé pour la dernière fois.

Particularité : VanMoof propose un service contre le vol baptisé Peace of Mind. En cas de vol, le fabricant envoie sur le terrain ses propres “bike hunters” (chasseurs de vélo) à la recherche du précieux joujou. Cette option coûte 290 euros pour 3 ans (490 euros avec la maintenance ou 290 euros pour la maintenance seule). Sur le modèle de l’assistance Apple Care, cette assurance n’est pas transférable, n’est valable que les trois premières années et doit être souscrite à l’achat.

La connectivité

Last but not least, parlons maintenant des fonctions de connectivité, qui sont l’un des points forts de ce vélo. En plus des dispositifs de sécurité évoqué ci-dessus, l’engin dispose d’une connexion Bluetooth et d’une application compagnon qui offre les fonctions suivantes :

  • Vérrouillage / Déverrouillage
  • Historique des trajets (uniquement les durées, pas les itinéraires)
  • Paramétrages du moteur, de la lumière, de la sonnerie, etc.
  • Une rubrique d’aide et quelques didacticiels

Trois regrets en ce qui concerne l’appli :

  1. Dommage qu’il n’y ait pas de géolocalisation via l’application ni de suivi cartographique des trajets effectués.
  2. Les paramétrages du moteur (niveau d’assistance et pallier de changements de vitesses) ne sont pas très clairs et mériteraient des explications, voire un didacticiel.
  3. Pourquoi ne pas proposer la personnalisation des boutons du guidon (sonnerie, boost… mais aussi certains réglages, l’affichage du kilométrage, etc.) et même des boutons supplémentaires ?

En tout cas, le VanMoff S3 est bavard. Il émet des retours sonores lorsqu’on effectue certaines actions (allumage, mise en charge, déverrouillage, etc.), sous la forme de bruits assez rauques un peu étranges mais pas désagréables. Il lui arrive même de parler tout seul, c’est-à-dire de s’allumer ou de s’éteindre lorsque l’on s’approche ou qu’on s’éloigne avec son smartphone, ce qui peut être un peu surprenant si on le fait dormir à la maison. Pour éviter cela, il faut désactiver la détection du smartphone dans l’appli.

En résumé

Encore une fois, j’avoue ne pas avoir une grande expérience des vélos électriques mais celui-ci m’a vraiment séduit. Je l’ai trouvé à la fois beau, très performant et utilement technique. Difficile de lui trouver des défauts vraiment rédhibitoires (sauf la batterie non-amovible, pour certains utilisateurs). Son côté hyper connecté et son rapport qualité / prix sont de vrais atouts. Il y a surement mieux, mais c’est pour l’instant plus cher. Alliant à la fois des performances, des raffinements technologiques et un look futuriste, c’est un peu “la Tesla des vélos”. Le VanMoof S3 est à comparer aux futurs Cowboy, Moustache et Angell.

Pour vous aider à vous faire une idée, je vous mets ci-dessous la vidéo de Dimitri Charitsis, de 01Net/01TV, qui s’y connaît bien plus que moi, ainsi que le lien vers son test complet.

Prix du VanMoof S3 : 1998 euros (site officiel).

Points forts :

  • Design, légèreté, robustesse
  • Mode “boost”
  • Connectivité

Points faibles :

  • Pas de cartographie des trajets effectués (à venir ?)
  • Pas d’alerte sur smartphone en cas de tentative de vol
  • Batterie non amovible