29 décembre 2019 3 Par Jérôme Colombain

Test de l’assistant connecté Nest Hub Max de Google

Un écran 10 pouces, une enceinte stéréo, une caméra grand angle… L’assistant Nest Hub Max est plein de qualités mais il est un peu trop centré sur l’écosystème Google.

Le Nest Hub Max (quel nom à coucher dehors !) est un assistant “intelligent” à écran, concurrent de l’Amazon Echo Show et du Facebook Portal. Il permet d’accéder à toutes sortes d’informations par commande vocale et de communiquer. Le design est plutôt réussi, la qualité d’image est excellente, de même que la qualité audio, avec de bonnes basses pour un petit appareil de ce genre.

OK Google, mets une vidéo

On retrouve sur ce produit les innombrables fonctions de Google Assistant, tels que la météo, la recherche Web, le pilotage d’équipements connectés pour la maison, des jeux, des blagues, etc. La présence de l’écran enrichit évidemment l’expérience. Ainsi, lorsque l’on demande quel temps il fera demain, l’appareil répond oralement et affiche en plus la température.

Si vous lui ordonnez de jouer de la musique (YouTube Music), il affichera le titre du morceau et le nom de l’interprète. Et si vous voulez regarder des vidéos, il ira puiser directement dans YouTube. Enfin, c’est un excellent cadre photos (via Google Photos).

Vidéosurveillance via Nest et communication avec Duo

Si vous possédez chez vous des caméras connectées de la marque Nest (appartenant à Google), vous pouvez en visionner les images sur l’écran du Nest Hub Max (par exemple, pour avoir un oeil sur votre entrée ou votre jardin).

L’appareil intègre lui-même une petite caméra vidéo (champ large 127 degrés) qui permet de surveiller à distance ce qui se passe chez soi (via l’application Google Home sur smartphone).

Côté communication, l’écran et la caméra permettent également de passer des appels vidéo (via Google Duo, uniquement). La qualité d’image est bonne et la caméra adapte automatiquement son cadrage, comme sur le Facebook Portal.

Personnalisation

L’un des points forts du Nest Hub Max est la possibilité de personnaliser son utilisation via la reconnaissance faciale et vocale des utilisateurs. Par exemple, l’assistant peut “savoir” qui est à la maison et adapter son interface en conséquence.

La reconnaissance vocale lui permet de répondre à la question “quel est mon prochain rendez-vous ?” (via Google Calendrier) de manière différente si c’est papa ou Julien qui pose la question. A noter que l’utilisation de la reconnaissance faciale est obligatoire pour passer des appels Duo (il faut que tous les membres de la famille se soient authentifiés préalablement).

Ces fonctions de personnalisation se veulent un gage de confort et de sécurité mais elles se révèlent, en réalité, assez contraignantes au quotidien. Question : est-il vraiment nécessaire de personnaliser un appareil qui est amené à être utilisé par plusieurs personnes au sein d’un même foyer, voire par des visiteurs ?

Des efforts en matière de confidentialité

Côté respect de la vie privée, on apprécie le petit voyant vert sur l’appareil qui indique lorsque la caméra est allumée (clignotante si quelqu’un est connecté à distance).

Si on le souhaite, il est possible de couper la caméra pour éviter d’être soumis en permanence à cet oeil inquisiteur, mais dans ce cas on ne peut plus répondre rapidement à un appel vidéo car il faudra d’abord rallumer la caméra (je n’ai pas réussi à ordonner oralement l’activation/désactivation).

Encore plus radical : on peut désactiver pour de bon le micro et la caméra à l’aide du petit bouton situé à l’arrière de l’appareil. Le Hub devient alors complètement aveugle et sourd et ne sert plus que de joli cadre photo.

Complexe à paramétrer

Ce qui s’avère vraiment casse-pied, c’est la complexité de mise en route du Nest Hub Max. Il faut passer par les applications Google Home et Google Assistant sur smartphone. Il y a de nombreux paramètres à activer et à renseigner, et cela se révèle assez pénible si l’on souhaite veiller au respect de sa vie privée en n’activant pas tous les paramètres par défaut sans réfléchir (ce que je conseille fortement).

Cette complexité tient aussi au fait que tous les services Google (Assistant, Gmail, YouTube, Duo, Photos, etc.) sont aujourd’hui enchevêtrés les uns avec les autres et on a de plus en plus de mal à s’y retrouver. On touche du doigt le côté obscur de Google qui se montre vraiment trop curieux et envahissant à tous les étages.

La complexité monte encore d’un cran lorsqu’il s’agit de s’interconnecter avec les – rares – services tiers autorisés. Par exemple, pour paramétrer l’assistant afin qu’il puisse piloter des enceintes Sonos sur lesquelles on écoutera Spotify, c’est un vrai parcours du combattant (Spotify doit être configuré comme source audio au niveau de l’assistant Google indépendamment de Sonos…). On est loin de la simplicité d’un Apple ou même d’un Amazon Alexa.

Un produit trop orienté Google

Tout cela amène au vrai point noir du Nest Hub Max : son centrage absolu sur l’écosystème Google. On peut accéder presque uniquement aux applications Google (nombreuses certes, certes, mais pas uniques au monde) et à quelques services tiers tolérés.

Ainsi, n’espérez pas installer WhatsApp ou connecter vos photos Facebook. Certes, c’est un peu le même problème chez Amazon (même si l’écosystème paraît plus large, via les skills) et Facebook.

Bref, on éprouve un réel sentiment d’étouffement et on touche du doigt la limite de ces écosystèmes étanches les uns par rapport aux autres alors même que les assistants vocaux se voudraient polyvalents au sein du foyer.


Points forts
> Richesse des fonctions
> Qualité vidéo
> Qualité audio

Points faibles
> Limité aux services Google
> Complexité du paramétrage
> Interface élégante mais peu intuitive

Google Nest Hub Max : 229 euros (site officiel)